La réforme de l’Insertion par l'Activité Economique (IAE) relève d’un long processus où se croisent la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF), la décentralisation, la déconcentration, la RGPP (Revue Générale des Politiques Publiques), les Services Sociaux d'Intérêt Général (SSIG). Complexe, elle a été souvent mal appréhendée dans les territoires. Les enjeux de pouvoirs locaux, institutionnels et/ou politiques prennent très fréquemment le pas sur le nécessaire accompagnement pédagogique des acteurs concernés par cette réforme. Or celle-ci s’est voulue, dans ses fondements, un moyen de sécuriser ce secteur aux ressources hybrides (publiques et privées) dans un marché régulé. En effet, le transfert de la « directive service » doit s’imposer à tous les pays européens et désigner les secteurs qui seront concernés (marché classique ouvert à la concurrence) et ceux qui ne le seront pas (service social d’intérêt général).
Cette réforme, par son contenu, pourrait permettre de conserver la spécificité du secteur de l’IAE en le maintenant hors de la directive service. Plusieurs mois après son entrée en vigueur, elle est plus ou moins en application, toujours mal comprise par les acteurs qui se sont sentis trahis par leurs réseaux au vu de résultats exigés en matière de placement en emploi durable irréaliste de leurs points de vue. Que peut-on en dire aujourd’hui ?