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  La formation SST, vecteur de citoyenneté de santé et de mieux être psychosocial

- Etude qualitative -

C’est avec l’aide de l’INRS que CHANTIER école développe la formation SST dans des SIAE. Elle est proposée aux salariés en insertion et permanents. Elle s’inscrit dans la perspective de porter soin et secours à autrui, d’apprendre le soin pour prendre soin. Le SST est proche de l’Education à Porter Soins et Secours [1] et de l’Education à la Santé Familiale [2], et donc proche des formations proposant d’acquérir des compétences en soins et prévention applicables à l’environnement direct et s’inscrivant dans l’éducation à une citoyenneté de santé.

Cette approche rejoint l’éducation populaire qui est l’éducation de tous, par tous et pour tous, par la diffusion de la connaissance au plus grand nombre pour permettre à chacun de trouver sa place de citoyen [3]. Le SST émane de ces courants de pensées.

Nous avons mené une étude qualitative de type descriptive-inductive pour faire une analyse pédagogique des conditions et des effets de cette formation sur les salariés des SIAE de Midi-Pyrénées. Cette étude basée sur la théorie ancrée [4] tente de décrire et de comprendre les changements opérés dans un public de salariés en insertion après qu’ils aient passé le brevet SST. Cette étude a été rendue possible grâce au soutien de l’INRS et à la participation de tous les salariés rencontrés.

Nous nous sommes entretenus avec eux (salariés polyvalents, ETPS, directeurs), permettant d’obtenir leurs avis personnels, en mettant leurs propos en résonnance avec les enjeux collectifs et citoyens que représente le SST. Nous avons contacté les acteurs de l’ancienne région Midi-Pyrénées. Les salariés rencontrés ont passé le brevet SST et l’ont obtenu. Au total, 5 structures adhérentes ont participé à cette recherche. Les entretiens réalisés étaient de type semi-dirigé partiellement structurés. Les entretiens n’excédaient pas 1/2 heure.

Suite à l’analyse de ces entretiens, nous avons retenu les éléments suivants :

  • plus le salarié a un niveau scolaire élevé, plus il remet en question la formation SST ;
  • plus le salarié a un entourage proche susceptible de bénéficier de l’intervention du SST, plus il met en place les compétences acquises ;
  • plus la formation répond à des critères de formation continue adaptée à l’adulte, plus elle semble efficace ;
  • plus la formation est réaliste, plus le stress/la peur de « mal faire » augmentent ;
  • du fait de son champ d’action (sauver des vies, aider autrui), cette formation permet une réappropriation de la citoyenneté ;
  • une formation validée génère confiance en soi, assurance en soi.

3 thèmes principaux de recherche se sont imposés.

Le premier thème se concentre sur une redéfinition de la notion de réappropriation de la citoyenneté au vu des limites d’application de ces formations. Le cadre professionnel en réduit le champ d’action. Beaucoup de salariés ne peuvent projeter les acquis de cette formation que dans un cadre de proximité : la famille, les proches. La crainte de la responsabilité sur autrui [5] est mise en avant. Aussi, la plupart des salariés sont éloignés de la sphère du travail, alors qu’ils sont plus souvent en contact avec la sphère familiale. Ce constat pourrait conduire à mieux comprendre pour quelle raison l’agir sur l’inconnu est plus difficile alors que la charge émotionnelle semble plus forte lorsqu’il s’agit d’agir auprès des siens.

Le 2ème thème aborde la caractérisation du public. Des différences, liées entre autres aux parcours scolaires, semblent être des freins ou des leviers aux objectifs de la formation SST. L’expertise dans la formation et l’expérience de cursus de formation des salariés diplômés [6] peuvent être une aide pour co-construire des situations d’apprentissage. Cette formation SST investit des champs assez vastes et nombreux pour parer et agir face à toutes éventualités d’accidents. Faudrait-il envisager de tenir compte des besoins en formation aux gestes de premiers secours (par populations plus ciblées), afin qu’il y ait une meilleure adéquation entre les compétences visées et leur intégration réelle ?

Quant au dernier thème, il concerne l’ingénierie de formation choisie pour le SST. Cette formation se déroule sur deux jours consécutifs en présentiel. Elle comprend l’accueil des participants, la présentation des objectifs de formation, la mise en œuvre de celle-ci et enfin l’évaluation finale diplômante. Cette formation est perçue par certains des salariés comme relevant de l’expertise « soignante ». Qui plus est, ils décrivent une charge émotionnelle indexée à cette expertise corrélée à la brièveté de son déroulé [7]. Ceci ayant parfois pour conséquence la survenue de stress et de non intégration des compétences visées. Peut-elle donc s’adapter à tous les publics, sans distinction ? La charge émotionnelle est-elle suffisamment prise en compte ?

L’éducation en santé familiale est clairement énoncée pour la sphère familiale, quant au SST il est clairement énoncé pour la sphère professionnelle et pourtant il s’avère que les objectifs perçus par les salariés sont moins ciblés et moins clairs.

Afin d’infirmer ou confirmer ces premiers éléments de recherche, il faudrait pouvoir élargir cette étude à d’autres régions, et mener ainsi une étude quantitative.

Pascale Lafitte , Hôpital le Montaigu, Astugue (65)

Notes

[1] D’Ivernois J.F, Gagnayre R, Rodar E, Brun N. Éducation des familles à "Porter Soins et Secours" : un nouveau concept dans le champ de l’éducation en santé.

[2] Cresson G. La production familiale des soins et de la santé.

[3] Lemonier F, Housseau B, Le Grand E. Education populaire et l’éducation pour la santé. La santé de l’homme.

[4] Glaser BG, Strauss AL, Oeuvray, Kerralie, Soulet M-H, Paillé P. La découverte de la théorie ancrée stratégies pour la recherche qualitative.

[5] Larcan A, Julien H. Le secourisme en France : Panorama et perspectives.

[6] Dupon A. L’insertion par l’économique : une réponse adaptée aux jeunes en difficulté ?.

[7] Hache P, Dulieu R, Deluz D, Cassan P, D’Escatha A, Goddet S. Sauvetage-secourisme du travail : repères à l’usage du médecin du travail. Références en santé au travail.

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